Le taux de charges d’un cabinet dentaire, cabinet par cabinet

Ce que les 1 969 cabinets de l'échantillon UNASA dépensent pour chaque euro encaissé.

Un cabinet de chirurgien-dentiste libéral dépense en moyenne 65,3 % de ses recettes nettes, cotisations sociales personnelles et CSG déductible comprises, d'après les comptes 2024 de 1 969 cabinets adhérents des organismes de gestion de l'UNASA. Sur 309 713 € de recettes moyennes, il lui reste 107 474 € de bénéfice. Sans ces cotisations personnelles, le taux tombe à 49,7 % : c'est le chiffre à prendre si vos propres charges ne les comptent pas. Le ratio varie peu avec la taille, de 63,4 % dans le quart des plus grosses recettes à 67,1 % dans le deuxième quart, mais sa composition change beaucoup : les petits cabinets consacrent une plus grande part au loyer et aux cotisations, les gros au personnel. Ces comptes portent sur l'exercice en nom propre (BNC) ; les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés n'y figurent pas.

Votre taux de charges face aux cabinets de même taille

Votre taux de charges

67,0 %

Référence 3e quart de recettes (UNASA 2024)66,9 %
Écart+0,1 points
Bénéfice99 000 €
Bénéfice moyen de ce quart111 642 €

Quart choisi : celui dont la recette moyenne (337 668 €) est la plus proche de la vôtre.

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Ce que mesure le ratio, et ce qu'il laisse de côté

Le taux de charges divise tout ce qui sort du cabinet pendant l'année par le montant net des recettes, c'est-à-dire les honoraires encaissés diminués des rétrocessions versées aux remplaçants ou aux collaborateurs. Deux versions circulent, et la confusion entre les deux est la première source d'erreur. La première compte les cotisations sociales du praticien (Urssaf, CARCDSF) et la CSG déductible : c'est le taux de l'UNASA, 65,3 % en 2024. La seconde s'arrête aux frais du cabinet : 49,7 %. Un expert-comptable qui présente un « résultat avant cotisations » parle de la seconde.

Exemple chiffré. Avec 300 000 € de recettes, la recette moyenne la plus proche est celle du 3e quart (337 668 €). Son taux de 66,9 % donne 200 700 € de charges et 99 300 € de bénéfice avant impôt sur le revenu. C'est ce calcul que fait le mini-simulateur ci-dessus quand vous saisissez vos propres charges, et que le simulateur complet applique quand vous les laissez vides.

Le tableau par quart de recettes

L'UNASA classe ses adhérents en quatre groupes de taille égale selon leurs recettes. Le site retient le quart dont la recette moyenne est la plus proche de la vôtre : la moyenne nationale mélange des cabinets dont les recettes vont de 121 826 € à 542 562 €.

Cabinets de chirurgiens-dentistes adhérents UNASA, comptes 2024 (1 969 cabinets). Charges en % du montant net des recettes.
Quart de recettesRecettes nettes moyennesTaux de chargesHors cotisations personnellesPersonnelLoyerBénéfice moyen
1er quart121 826 €65,8 %46,5 %4,9 %6,1 %41 608 €
2e quart236 480 €67,1 %50,8 %9,7 %4,9 %77 889 €
3e quart337 668 €66,9 %51,6 %12,0 %4,6 %111 642 €
4e quart542 562 €63,4 %48,6 %11,9 %4,1 %198 678 €
Ensemble309 713 €65,3 %49,7 %10,8 %4,6 %107 474 €

Le ratio global bouge peu d'un quart à l'autre : 3,7 points séparent le plus haut du plus bas. Ce qui se déplace, c'est la répartition. Les cotisations personnelles reculent de 19,3 % à 14,8 % des recettes quand la taille grandit, parce que certaines sont des forfaits ; le personnel suit le chemin inverse, de 4,9 % à 11,9 %. Un poste de personnel aussi léger dans le premier quart laisse penser que beaucoup de ces cabinets n'emploient pas de salarié à temps plein ; l'UNASA ne publie pas le nombre de salariés.

Poste par poste

  • Achats : 18,8 % des recettes, premier poste. Fournitures, consommables, petit matériel ; la prothèse n'a pas de ligne propre dans la grille.
  • Personnel : 10,8 %, salaires nets et charges sociales des salariés. La page sur la rémunération d’une assistante dentaire chiffre ce poste au minimum conventionnel.
  • Loyer et locations : 4,6 % pour les locaux, 4,0 % pour les locations de matériel, qui pèsent davantage dans les petits cabinets.
  • Impôts et taxes : 4,5 %, dont la CSG déductible.
  • Amortissements : 1,7 % seulement, signe que l'équipement lourd est souvent loué ou déjà amorti.
  • Charges externes au sens large : 30,6 %, un agrégat qui comprend loyers, locations, honoraires, assurances et cotisations personnelles.

Ces moyennes décrivent des cabinets adhérents d'un organisme de gestion agréé, donc des comptes tenus et contrôlés ; elles ne disent rien des cabinets en société à l'IS, ni des centres de santé. Les stomatologues, qui sont des médecins, n'ont aucune statistique de cabinet publiée : le site leur applique la référence des chirurgiens-dentistes et l'affiche comme telle. Pour les orthodontistes, 37 cabinets donnent 64,5 % ; c'est un ordre de grandeur, pas une norme.

Le dénominateur compte autant que les charges

Un taux se calcule sur des recettes, et toutes les recettes ne se valent pas. L'UNASA part des recettes encaissées (314 788 € en moyenne), retire les débours et les honoraires rétrocédés (4 984 €), et obtient le montant net de 309 713 €. Les rétrocessions pèsent plus lourd dans les petits cabinets, 7 758 € dans le premier quart contre 1 778 € dans le dernier : un praticien qui travaille en partie comme collaborateur reverse une fraction de ce qu'il facture.

Ce montant net ne se confond pas avec les honoraires publiés par l'Assurance Maladie. La moyenne 2025 d'un omnipraticien actif à part entière, 302 480 €, ne compte que les actes enregistrés par l'assurance maladie et laisse de côté l'implantologie, la parodontie ou les autres actes hors nomenclature non remboursables. Les recettes UNASA, elles, comprennent tout ce qui entre au cabinet. Rapporter vos charges à vos honoraires Ameli plutôt qu'à vos recettes totales gonfle donc mécaniquement le taux.

Du taux de charges au revenu du praticien

Le bénéfice que laisse le taux de charges est un revenu avant impôt, après cotisations dans la version UNASA. La DREES mesure un revenu voisin, avec un autre champ et une autre année : 108 900 € de revenu libéral moyen en 2021, 118 100 € en ajoutant les salaires, pour une médiane de 93 700 € (DREES). Placez votre bénéfice dans cette distribution :

Votre revenu face à celui des confrères

Position parmi les dentistes libéraux (2021)

53e centile

Médiane93 700 €
Moyenne118 100 €
1er et 9e décile35 900 € / 218 700 €

DREES, revenus 2021 en euros courants ; position interpolée entre les déciles et quartiles publiés.

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Un taux de charges élevé n'est pas une faute de gestion en soi. Un cabinet qui sous-traite beaucoup de prothèse, emploie deux assistantes ou loue un plateau technique récent dépense plus et peut encaisser davantage ; la page chiffre d’affaires par fauteuil regarde l'autre côté du ratio. Les comptes détaillés sont publiés par l'UNASA ; les honoraires de référence par département viennent de l'Assurance Maladie.

Questions fréquentes

Le taux de charges d’un dentiste comprend-il ses cotisations Urssaf et CARCDSF ?

Dans les comptes UNASA, oui : les charges sociales personnelles pèsent 12,6 % des recettes et la CSG déductible 3,0 %, ce qui porte le taux moyen à 65,3 %. Retirées, il reste 49,7 % de frais de fonctionnement. Comparez toujours deux taux construits de la même façon, sinon l'écart de 15,6 points entre les deux définitions fausse le diagnostic.

Pourquoi un petit cabinet dentaire a-t-il proportionnellement autant de charges qu’un gros ?

Parce que ses charges ne sont pas les mêmes. Dans le premier quart (121 826 € de recettes moyennes), le loyer prend 6,1 % et les cotisations personnelles 19,3 %, une partie étant forfaitaire. Dans le dernier quart (542 562 €), le personnel monte à 11,9 %. Au total, les deux taux restent proches : 65,8 % et 63,4 % (UNASA 2024).

Quelle part des recettes partent en achats dans un cabinet dentaire ?

18,8 % en moyenne dans les comptes UNASA 2024, le premier poste de dépenses devant le personnel (10,8 %). La grille de l'UNASA n'isole pas le laboratoire de prothèse : ses factures se retrouvent dans les achats ou les charges externes selon la tenue des comptes. Les achats vont de 15,7 % dans le premier quart de recettes à 19,4 % dans le dernier.

Un orthodontiste a-t-il un taux de charges différent d’un omnipraticien ?

Les 37 cabinets d'orthodontistes de l'échantillon UNASA 2024 affichent 64,5 %, cotisations personnelles comprises, sur 564 594 € de recettes moyennes. L'année précédente, 103 cabinets donnaient 60,6 %. Avec si peu de comptes, un écart de quelques points ne prouve rien : la référence reste indicative, et le site ne la découpe pas par quart de recettes.

Les charges d’une SELARL dentaire se comparent-elles à ces chiffres ?

Pas directement. L'échantillon UNASA réunit des praticiens en BNC et exclut les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés. Dans une SELARL, la rémunération du gérant devient une charge de la société et les cotisations suivent un autre circuit. Le site n'est pas un expert-comptable : il faut reconstituer un compte comparable avec le vôtre avant de lire l'écart.

Le taux de charges des cabinets dentaires a-t-il augmenté entre 2023 et 2024 ?

Le taux moyen passe de 64,4 % sur 3 246 cabinets en 2023 à 65,3 % sur 1 969 en 2024, deux échantillons différents. Les évolutions publiées par l'UNASA disent la même chose : recettes +2,9 %, charges externes +5,2 %, bénéfice −0,5 %. Les charges ont donc avancé plus vite que l'activité.

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Sources

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