Ce que gagne un chirurgien-dentiste libéral, source par source
Les revenus publiés par la DREES, l’Insee, la CARCDSF et l’UNASA, et ce que chacun mesure.
Le chirurgien-dentiste libéral du milieu de la distribution a gagné 93 700 € en 2021, selon la DREES, après charges du cabinet et cotisations sociales, avant impôt sur le revenu. La moyenne est plus haute, 118 100 €, tirée par le haut de l’échelle : un praticien sur dix dépasse 218 700 €, un sur dix reste sous 35 900 €, soit un rapport interdécile de 6,1. Ces chiffres couvrent les praticiens conventionnés de 70 ans ou moins, installés avant l’année, remplaçants exclus, toutes spécialités dentaires confondues. Les autres sources tombent dans le même ordre de grandeur : 10 300 € par mois en moyenne pour l’Insee (2022), 106 635 € d’assiette moyenne de cotisations à la CARCDSF (statistiques 2025), 107 474 € de bénéfice moyen pour les cabinets suivis par l’UNASA en 2024. Les 325 818 € d’honoraires moyens publiés par l’Assurance Maladie pour 2025 ne sont pas un revenu : il faut en retirer toutes les charges.
Votre revenu face à celui des confrères
Position parmi les dentistes libéraux (2021)
53e centile
| Médiane | 93 700 € |
| Moyenne | 118 100 € |
| 1er et 9e décile | 35 900 € / 218 700 € |
DREES, revenus 2021 en euros courants ; position interpolée entre les déciles et quartiles publiés.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources
Une question, plusieurs définitions
Chercher « le revenu d’un dentiste » renvoie à des montants qui ne mesurent pas la même chose. La DREES suit le revenu d’activité des praticiens conventionnés (DREES). L’Insee compte les non-salariés de la pratique dentaire au sens de la nomenclature d’activités (Insee). La CARCDSF, caisse de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes, publie l’assiette moyenne sur laquelle ses cotisants paient (CARCDSF). L’UNASA agrège les comptes des cabinets adhérents de ses organismes de gestion (UNASA). L’Assurance Maladie, enfin, publie des honoraires, ce qui n’a rien d’un revenu.
| Source | Année | Ce qui est mesuré | Montant annuel |
|---|---|---|---|
| DREES, moyenne | 2 021 | Revenu d’activité libéral et salarié, après charges et cotisations | 118 100 € |
| DREES, médiane | 2 021 | Même champ, praticien du milieu | 93 700 € |
| DREES, part libérale | 2 021 | Revenu libéral seul, en moyenne | 108 900 € |
| Insee | 2 022 | Revenu des non-salariés de la pratique dentaire, moyenne mensuelle × 12 | 123 600 € |
| CARCDSF | 2 025 | Assiette moyenne des cotisations des dentistes | 106 635 € |
| UNASA | 2 024 | Bénéfice comptable moyen des cabinets adhérents en BNC | 107 474 € |
| Assurance Maladie | 2 025 | Honoraires moyens, avant toute charge (pas un revenu) | 325 818 € |
Une fois les honoraires écartés, les sources se tiennent entre 93 700 € et 123 600 € par an, avec des écarts qui tiennent au champ et à l’année. La DREES inclut une éventuelle activité salariée et exclut les praticiens de plus de 70 ans. L’assiette de la CARCDSF ne retient que le revenu professionnel non salarié. L’UNASA ne voit que les cabinets adhérents, en entreprise individuelle, sans les SELARL. Aucun de ces chiffres n’est faux ; aucun ne répond seul à la question.
Une distribution très étirée
La moyenne trompe ici plus qu’ailleurs. Avec un rapport de 6,1 entre le 9e et le 1er décile, la DREES publie un écart qu’elle ne décompose pas : temps de travail, taille du cabinet et ancienneté s’y mêlent sans être chiffrés séparément. Le tableau donne les cinq repères publiés par la DREES pour 2021.
| Repère DREES | Revenu annuel | Par mois | Rapport à la médiane |
|---|---|---|---|
| 1er décile | 35 900 € | 2 992 € | 0,4 |
| 1er quartile | 57 500 € | 4 792 € | 0,6 |
| Médiane | 93 700 € | 7 808 € | 1 |
| 3e quartile | 145 700 € | 12 142 € | 1,6 |
| 9e décile | 218 700 € | 18 225 € | 2,3 |
Entre deux repères, le simulateur de la page interpole en ligne droite : c’est une approximation, la DREES ne publiant pas la courbe complète. Il situe par exemple l’assiette moyenne CARCDSF vers le 56e centile et le bénéfice moyen UNASA vers le 57e centile, ce qui confirme que la moyenne se trouve nettement au-dessus de la médiane.
L’ancienneté pèse plus que tout autre facteur publié
La DREES croise le revenu avec la durée d’installation. Les praticiens installés depuis moins de dix ans gagnent 94 600 € en moyenne, ceux installés depuis 10 à 29 ans 136 900 €, ceux qui ont passé 30 ans 122 700 €. La courbe monte, plafonne, puis s’infléchit en fin de carrière ; la DREES n’en publie pas les causes.
L’écart entre hommes et femmes, 137 700 € contre 94 900 €, se lit avec prudence. L’Insee compte 47 % de femmes parmi les non-salariés du secteur, pour 21 % de praticiens de plus de 60 ans. Les données publiées ne croisent pas le sexe avec l’ancienneté ni le temps de travail, et l’on ne peut pas en tirer un écart à activité égale.
Des honoraires au revenu
Les 325 818 € d’honoraires moyens que l’Assurance Maladie publie pour 2025 portent sur les actes remboursables d’un praticien actif à part entière. Les comptes des cabinets montrent ce qui en reste. Chez les adhérents de l’UNASA, le bénéfice représente 34,7 % des recettes en 2024, après achats (18,8 %), personnel (10,8 %), loyer (4,6 %) et cotisations sociales personnelles avec la CSG déductible (15,6 %). Le détail par poste et par taille de cabinet figure sur la page taux de charges.
Ce bénéfice n’est pas encore le revenu disponible. L’impôt sur le revenu reste à payer, et le remboursement en capital des emprunts de rachat ou d’équipement sort de la trésorerie sans passer par les charges. Deux praticiens au même bénéfice peuvent donc vivre avec des sommes très différentes. Le détail des cotisations de retraite CARCDSF et, pour ceux qui exercent en société, l’imposition d’une SELARL complètent le tableau.
Ce qu’aucune source ne publie
- Aucun revenu officiel par spécialité : la DREES ne distingue ni les orthodontistes, ni la chirurgie orale, ni la médecine bucco-dentaire.
- Aucun revenu par département : seuls les honoraires sont publiés à cette échelle, sur le classement des départements.
- Rien sur les revenus tirés de l’implantologie ou de la parodontie, actes hors nomenclature que les données de l’Assurance Maladie ne voient pas.
- Rien de plus récent que 2021 pour la DREES : les revenus 2022 et suivants n’étaient pas publiés au moment de la mise à jour.