SELARL ou exercice en BNC : ce que la société change pour un chirurgien-dentiste

Le passage en société vu par l’impôt sur les sociétés et les dividendes, règles 2026 à l’appui.

En 2026, une SELARL de chirurgien-dentiste paie l’impôt sur les sociétés à 15 % sur les 42 500 € premiers euros de bénéfice, si elle remplit les conditions de l’article 219 du Code général des impôts, puis à 25 % au-delà. Ce qui reste peut être versé en dividendes : impôt sur le revenu forfaitaire de 12,8 % et prélèvements sociaux de 18,6 %, mais seulement sur la part qui ne dépasse pas 10 % du capital et des comptes courants. Au-delà, le dividende d’un associé qui exerce dans la société entre dans l’assiette de ses cotisations sociales (article L136-3 du Code de la sécurité sociale). En BNC, le bénéfice moyen des cabinets suivis par l’UNASA atteint 107 474 € en 2024, imposé en totalité au barème et aux cotisations. Laisser ce montant en société coûterait 22 619 € d’IS. Le choix dépend de la rémunération, du capital et de l’impôt personnel : ce site calcule l’IS et les dividendes, pas le bilan complet, qui relève d’un expert-comptable.

Bénéfice de la SELARL distribué en dividendes

Dividendes après impôts

42 760 €

Impôt sur les sociétés− 10 750 €
Impôt sur le revenu (12,8 %)− 6 304 €
Prélèvements sociaux (18,6 %)− 186 €
Part soumise aux cotisations sociales48 250 €

La part au-delà de 10 % du capital et des comptes courants supporte les cotisations des indépendants, non calculées ici.

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Deux régimes, deux façons d’imposer le même bénéfice

En exercice individuel, le chirurgien-dentiste déclare un bénéfice non commercial (BNC). Tout ce bénéfice est à lui l’année même : il supporte les cotisations sociales personnelles, puis l’impôt sur le revenu au barème progressif du foyer. Qu’il laisse ou non de la trésorerie sur le compte du cabinet ne change rien à l’assiette.

En SELARL soumise à l’impôt sur les sociétés, la société devient le contribuable. Elle paie au praticien une rémunération de gérant, déductible de son résultat, puis l’IS sur ce qui reste. Le bénéfice après impôt peut rester dans la société ou être distribué. C’est cette séparation, entre ce que l’associé prélève et ce que la société garde, qui fait l’intérêt ou l’absence d’intérêt du montage.

Les comptes 2024 des cabinets adhérents de l’UNASA donnent l’ordre de grandeur côté BNC : 309 713 € de recettes nettes, 107 474 € de bénéfice, et des cotisations sociales personnelles avec la CSG déductible qui pèsent 15,6 % des recettes, soit environ 48 315 €. Ces statistiques ne portent que sur des entreprises individuelles : aucune source publique ne publie les comptes moyens des SELARL dentaires.

L’impôt sur les sociétés en 2026

Le barème tient en deux taux. Les 42 500 € premiers euros de bénéfice imposable sont taxés à 15 %, le reste à 25 % (Code général des impôts, article 219 (taux de l’impôt sur les sociétés)). Le taux réduit n’est pas automatique : il exige un chiffre d’affaires sous un plafond, un capital entièrement libéré et une détention majoritaire par des personnes physiques. Une SELARL de dentiste ordinaire les remplit en général ; une société détenue par une holding doit vérifier.

Le tableau suit quatre niveaux de bénéfice laissé dans la société, exprimés en multiples du seuil du taux réduit. Il suppose un capital nul pour isoler l’effet du seuil des 10 % : la dernière colonne donne le capital et les comptes courants qu’il faudrait pour que tout le dividende reste au seul prélèvement forfaitaire.

Impôt sur les sociétés 2026 et dividende distribuable selon le bénéfice laissé à la SELARL
Bénéfice laissé à la sociétéImpôt sur les sociétésTaux moyen d’ISDividende distribuableImpôt sur le revenu (12,8 %)Capital et comptes courants pour rester sous 10 %
21 250 €3 188 €15,0 %18 063 €2 312 €180 625 €
42 500 €6 375 €15,0 %36 125 €4 624 €361 250 €
85 000 €17 000 €20,0 %68 000 €8 704 €680 000 €
170 000 €38 250 €22,5 %131 750 €16 864 €1 317 500 €

Le taux moyen grimpe vite au-dessus du seuil. À 170 000 € de bénéfice, il dépasse déjà 23 %. Le taux réduit sert surtout une SELARL qui garde un bénéfice modeste, pour financer un fauteuil, une radio panoramique ou le remboursement d’un emprunt, en laissant le reste en rémunération.

Les dividendes et la règle des 10 %

Le dividende d’un associé personne physique supporte par défaut le prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt sur le revenu (impots.gouv.fr) et 18,6 % de prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr), soit 31,4 %. Ajouté à l’IS, l’euro distribué perd 41,7 % dans la tranche réduite et 48,6 % dans la tranche normale.

Cette mécanique ne vaut que sous un plafond. Pour l’associé qui exerce son activité dans la société, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants est traitée comme un revenu d’activité et entre dans l’assiette des cotisations des travailleurs indépendants (Code de la sécurité sociale, article L136-3 (dividendes au-delà de 10 % du capital)). Sur le bénéfice moyen UNASA, distribuer tout le résultat après IS sans cotisations demanderait 848 555 € de capital et de comptes courants. Peu de cabinets apportent une telle somme : c’est pour cela que la SELARL n’efface pas les cotisations comme on le lit parfois.

Ce que la comparaison complète demande

Comparer honnêtement les deux régimes suppose de connaître des éléments que ce site ne modélise pas :

  • la rémunération du gérant, ses cotisations Urssaf et ses cotisations CARCDSF, qui suivent le revenu d’activité ;
  • le barème de l’impôt sur le revenu du foyer, ses parts et ses autres revenus ;
  • les cotisations sur la part des dividendes au-delà de 10 % ;
  • le coût propre de la société : comptabilité, juridique, frais bancaires, et le sort de la patientèle et du matériel apportés ;
  • les projets : rachat de parts, association, vente du cabinet, départ en retraite.

Le simulateur placé plus haut calcule l’IS et les dividendes nets sur deux saisies, le bénéfice après rémunération et le capital. Il donne un morceau du calcul. Pour situer d’abord votre bénéfice actuel, le taux de charges des cabinets et les revenus publiés de la profession servent de repère.

Ce que le site ne dit pas

Dentimètre n’est ni un cabinet d’expertise comptable ni un cabinet d’avocats. Les montants ci-dessus appliquent des règles 2026 à des bénéfices types, sans tenir compte d’une situation particulière. Le choix d’une forme sociale engage les statuts, la fiscalité du foyer et la transmission du cabinet : il se prépare avec un expert-comptable et, pour la rédaction des actes, un avocat ou un notaire.

Questions fréquentes

Quel taux d’impôt sur les sociétés paie une SELARL de dentiste en 2026 ?

15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice imposable, puis 25 % sur le surplus. Le taux réduit suppose des conditions de chiffre d’affaires et un capital entièrement libéré, détenu en majorité par des personnes physiques (article 219 du CGI). Sur 85 000 € de bénéfice, l’impôt atteint 17 000 €, soit un taux moyen de 20,0 %.

Les dividendes d’une SELARL dentaire supportent-ils des cotisations sociales ?

Une partie, oui. La fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes en compte courant entre dans l’assiette des cotisations de l’associé qui travaille dans la société (article L136-3 du Code de la sécurité sociale). En dessous, le dividende ne supporte que le prélèvement forfaitaire : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026.

Quel capital faut-il pour que les dividendes échappent aux cotisations ?

Dix fois le dividende versé, puisque le seuil est de 10 %. Pour distribuer 84 856 €, ce qui reste du bénéfice BNC moyen UNASA 2024 après IS, il faudrait 848 555 € de capital et de comptes courants. Une SELARL créée avec un petit capital voit donc presque tout son dividende soumis aux cotisations des indépendants, que le site ne calcule pas.

Combien paie-t-on au total sur un euro distribué par une SELARL ?

Sous le seuil des 10 %, l’euro de bénéfice paie d’abord l’IS, puis le prélèvement forfaitaire de 31,4 % sur ce qui reste. Le cumul ressort à 41,7 % dans la tranche à 15 % et à 48,6 % dans la tranche à 25 %. Ces taux ne valent que pour la part du dividende qui échappe aux cotisations sociales.

Quel bénéfice dégage un cabinet dentaire resté en BNC ?

Dans les comptes 2024 des 1 969 cabinets de chirurgiens-dentistes adhérents de l’UNASA, tous en BNC, le bénéfice moyen vaut 107 474 €, soit 34,7 % de recettes nettes moyennes de 309 713 €. Ce bénéfice est déjà diminué des cotisations sociales personnelles et de la CSG déductible. Il supporte ensuite l’impôt sur le revenu au barème, selon la situation du foyer.

Ce site peut-il dire si la SELARL est plus intéressante pour mon cabinet ?

Non. Il calcule l’impôt sur les sociétés et l’imposition des dividendes avec les règles 2026, rien de plus. Le bilan complet dépend de la rémunération du gérant, du barème de l’impôt sur le revenu du foyer, des cotisations sociales sur chaque euro, du capital, des emprunts et des frais de la société. Ce chiffrage revient à un expert-comptable, et les statuts à un avocat ou à un notaire.

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